Province, Richard Millet, éd. Léo Scheer. La Nef, entretien

« Ce roman est aussi un roman de l’expiation – on songe à un certain Bernanos. Mais on a du mal à y trouver une espérance. Y en a-t-il une, et où est elle cachée?
Richard Millet : « Il y a beaucoup de notre faute, dans ce qui a lieu; et notamment dans la propagation de l’indifférence, la résignation à l’inculture, le refus de tout héritage chrétien autrement qu’en sa version protestante: le remplacement de la faute et du châtiment par le psychologisme général en est un des signes. L’indifférence au sort des chrétiens d’Orient, également. Et aussi la haine de l’origine… Nous n’en finissons pas de choir; et à cette chute originelle on a ajouté la déchéance civilisationnelle. On ne saurait tomber plus bas. L’espérance vient des individus, non de l’idéologie ni de la « tolérance ». J’ai toujours cru à la subversion du Mal par l’individu: héros, saint, ou le premier venu qui surgit comme la grâce, à l’instar de ce qui se passe dans la rencontre amoureuse. Plus modestement, je n’écrirais sans doute plus, moi qui suis l’objet d’une haine quasi générale, si je n’espérais pas que mes livres témoigneront, plus tard, ou même déjà, et qu’ils aideront certains à lire autrement les signes de l’inversion satanique à laquelle se sont rendus les falsificateurs contemporains. »
source

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *