Faute d’amour(20 septembre). La Nef


La Nef : « Boris et Genia, un couple russe, sont en plein divorce. Ils se disputent sans cesse et préparent déjà leur avenir respectif: Boris a une nouvelle amie, enceinte, et Genia est la maîtresse d’un homme aisé. Aucun des deux ne semble s’intéresser à Aliocha, leur fils de 12 ans. Prix du Jury à Cannes, ce film n’a pas volé sa récompense. S’il se présente sous des dehors froids et tristes, il subjugue rapidement par l’excellence de sa mise en scène qui lui fait décrire la hideur d’un divorce avec un réalisme parfait. Jamais avant Andrey Zvyagintsev on n’avait montré aussi crûment qu’il était une « faute d’amour ». C’est bien le tableau de cette absence d’amour qui nous est montré. Il apparaît moins dans les portraits séparés des divorcés que dans les nouveaux couples que chacun forme, avec l’espoir de trouver cet amour qu’ils n’ont jusqu’ici pas connu. Ces scènes peuvent être touchantes parce qu’elles expriment un désarroi réel. Elles montrent en tout cas qu’une nouvelle liaison est d’abord sexuelle, en des images à la fois crues et discrètes, le réalisateur s’obligeant au contre-jour et à la lumière basse pour éviter le voyeurisme. A-t-on trouvé le bonheur? Non: celui auquel on ne pensait plus, Aliocha, a disparu. Après l’aveu d’impuissance de la police à le retrouver on a recours à une association privée de bénévoles. Les moyens de recherche seront de plus en plus importants. L’angoisse des parents de plus en plus lourde. Le retrouvera-on? C’est la force du film de différer la réponse et de poser une fin qui ne réparera pas la faute d’amour. »