Home de Fien Troch, avec Sebastian Van Dun, Mistral Guidotti. La Vie


La Vie : « La Vie aime : beaucoup. Cet impressionnant film d’une jeune réalisatrice belge aurait pu s’intituler Mères et Fils. Des mères à l’amour parfois toxique, des ados submergés par les pulsions et au bord de l’explosion. Kevin, apprenti plombier, installé chez sa tante à sa sortie de prison, paraît être la mèche qui viendra allumer la poudre, mais il faut aussi compter avec John, « sadisé » derrière les murs du nid familial. Filmé caméra à l’épaule dans un style direct et brut, Home installe d’emblée tension et malaise. Ne promettant aucun happy end, juste une respiration après une plongée étouffante en eaux troubles. »

Good Time de Benny et Josh Safdie, avec Robert Pattinson, Benny Safdie. La Vie


La Vie : « La Vie aime : beaucoup. Benny et Josh Safdie, figures du cinéma indépendant new-yorkais (The Pleasure of Being Robbed, Lenny and the Kids), préfèrent multiplier les péripéties rocambolesques, plongeant Connie dans une nuit sans fin. Il faut attendre la dernière scène pour enfin retrouver Nick, et sortir en douceur, presque avec tendresse, de cette folle odyssée ­nocturne. »

Barry Seal : American Traffic de Doug Liman avec Tom Cruise, Sarah Wright. La Vie


La Vie : « La Vie aime : beaucoup. Tom Cruise, toujours soucieux de l’image qu’il souhaite renvoyer, n’hésite pas à en faire un sympathique casse-cou, à la fois séducteur, drôle et charismatique. On ne se refait pas ! Reste tout de même un long-métrage fort agréable et dépaysant, qui aurait mérité des personnages et un contexte géopolitique plus développés, ainsi qu’un réalisateur plus audacieux. (Jérôme Béalès) »

NOUVELLE HISTOIRE DES GUERRES DE VENDÉE, de Jean-Joël Brégeon et Gérard Guicheteau, Perrin. La Nef

La Nef : « On ne referme pas ce livre – impartial, documenté et facile à lire, mais auquel manquent quelques cartes pour suivre les opérations – sans une immense colère. Car ce qu’il nous rappelle sur les horreurs commises au cours de la Révolution, clef de voûte de notre roman national, est occulté de nos jours, dans un pays si prompt à faire aux autres des procès en négationnisme. « Quand on agit pour le peuple, rien ne peut être mal, erreur ou crime », clame l’un. « Nous ferons de la France un cimetière plutôt que de ne pas la régénérer à notre façon », beugle un autre. Voire. Les bourreaux, ici comme ailleurs, se sont présentés comme de zélés exécutants des ordres venus de Paris. Sauf que chez nous l’Histoire officielle les a absous. On ne fait pas la bonne omelette républicaine sans casser quelques œufs, fussent-ils 200000 à 600000 victimes (estimation de Hoche lui-même). Alors on a noyé, fusillé, sabré, éventré, brûlé vif dans des fours, tanné des peaux. L’inhumanité des Bleus est totale: Bonchamps gracie-til, sur son lit de mort, des centaines de prisonniers? Merlin de Thionville s’en indigne: « Des hommes libres acceptant la vie de la main des esclaves? Ce n’est pas révolutionnaire! Il faut ensevelir dans l’oubli cette malheureuse action! » Tandis que Lequinio propose d’interdire « de prêcher ou d’écrire pour favoriser quelque culte ou opinion religieuse que ce puisse être », afin d’assurer la liberté des cultes « dans toute sa plénitude ». D’aucuns veulent de nos jours « terminer la Révolution ». « Le ventre est encore fécond dont est sortie la bête immonde »… Ça ne s’applique pas qu’aux autres. »