Moïse, prophète en tous pays, France Télévision

L’intégralité de l’article iciMoise-Champaigne-227x300 (avec vidéos)

« Le Musée d’art et d’histoire du judaïsme présente jusqu’au 21 février 2016 une exposition autour de la figure de Moïse. Sur tous les continents, le prophète a inspiré artistes, intellectuels, hommes de foi et personnalités politiques. Au point de s’imposer comme une référence incontournable.

Un homme à la barbe noire fournie marche sur une route infinie. Sa main gauche s’élève vers le ciel tandis que le bâton sur lequel il s’appuie pour marcher se transforme en serpent. C’est l’une des plus anciennes représentations de Moïse. Découverte en 2002 sur un vase en terre cuite rouge, à Balad, en Egypte, elle a été réalisée au Ier siècle après Jésus-Christ. « C’est une sorte de graffiti. Moïse a été représenté en pâtre égyptien revêtu d’une tunique de berger », détaille Sonia Fellous, historienne spécialiste des textes judéo-chrétiens au CNRS.

Cette figure est inchangée depuis les origines. Le personnage biblique acquiert dès l’Antiquité la stature d’un héros grec. Philon d’Alexandrie le décrit comme tel dans la première biographie consacrée à Moïse rédigée au Ier siècle après Jésus-Christ. C’est donc sous les traits d’un héros digne de ceux d’Homère qu’il voyage au fil des siècles : des fresques de la synagogue de Doura Europos au film réalisé en 1956 par Cécil B. De Mille, Les Dix Commandements. « 

L’État Islamique réduit en poussière le plus vieux monastère d’Irak,

« Le plus ancien monastère d’Irak, fondé en 595 après J-C, a été réduit à néant par les terroristes de l’État Islamique. Depuis plusieurs mois, les craintes grandissaient quant au sort réservé par les fanatiques à cet ancien lieu de culte. Des images satellites publiées cette semaine viennent confirmer sa destruction… »

« Avant d’être anéanti par les fanatiques de l’Organisation État Islamique, le sanctuaire Saint-Élie de Mossoul avait traversé les siècles, recevant çà et là les stigmates des conflits humains, mais demeurait debout. Ainsi en 1743, les moines qui l’occupaient avaient été assassinés par le chef Perse Tahmaz Nadir Shah qui avait envahi la région. Après cet épisode sanglant, le lieu de culte demeura inoccupé et souffrit à nouveau de la seconde guerre du Golfe, en servant de caserne aux troupes américaines puis irakiennes. »

Agathe Lautréamont • 21 janvier 2016
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Au Liban, une exposition artistique qui unit chrétiens et musulmans, agoravox

Extrait de l’article d’agoravox : « La coordinatrice au sein de l’Association Al-Ibda’, Eva Hachem a remarqué : « Cette exposition est la preuve de notre unité nationale. Des centaines d’artistes de toutes les régions libanaises et de toutes confessions ont tenu à être présents pour démontrer au monde que le pays du Cèdre restera à jamais le pays de la coexistence pacifique ».
Le professeur à l’Ecole supérieur des Beaux-Arts, Hussein Jomaa, a quant à lui décrit son tableau en ces termes : « On retrouve dans mon tableau plusieurs caractéristiques, celle de la nature au Liban, de l’entente, et de l’union du croissant et de la croix. Nous voulons transmettre à travers l’art l’amour, favorisant ainsi la coexistence pacifique entre les individus ».
Enfin, l’artiste Nina Daher, a déclaré : « A travers mon tableau, j’ai voulu démontrer à quel point le Christ et le Prophète Mohamed se ressemblent ».
par Mohamad Ezzedine
lundi 28 décembre 2015
L’intégralité de l’article : iciexpo liban

Cri d’alarme pour le patrimoine chrétien oriental menacé

Samedi 16 janvier à Paris, neuf églises orientales ont ouvert leurs portes à l’initiative de l’Œuvre d’Orient, pour sensibiliser le grand public au patrimoine menacé au Proche-Orient.
Par Claire Bastier, le 17/01/2016 à 17h38

« Nous avons tout perdu maintenant, d’un point de vue matériel et spirituel », soupire Mgr Petrus Moshe, évêque syrien catholique de Mossoul, à l’évocation de la destruction du monastère de Mar Behnam au nord de l’Irak. À l’arrivée des troupes de Daech en juillet 2014, les trois religieux qui habitaient le monastère ont dû fuir : « Ils sont sortis sans rien. Manuscrits, objets sacrés, mobilier… ils ont tout laissé. »

D’après les informations parvenues depuis à l’évêque, aujourd’hui réfugié avec ses fidèles au Kurdistan irakien, le sanctuaire des deux saints martyrs des premiers siècles de l’Église, Behnam et Sarah (qui était fréquenté aussi par les musulmans des villages voisins) a été détruit. Quant aux murs du monastère proprement dit, dont la fondation remonte au IVe siècle, ils demeurent. Mais « à l’intérieur, on ne sait pas ce qui reste », déplore Mgr Moshe.

la suite : icidestruction

Les chrétiens d’Orient, Le Jour du Seigneur

Découvrez les multiples visages des Chrétiens d’Orient à travers 60 clichés appartenant au fond photographique ancien de l’École biblique et archéologique française de Jérusalem.
Une exposition qui montre la diversité des chrétiens de Palestine il y a 100 ans et leur enracinement en Orient.
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Après son extraordinaire succès en février 2014, à la Mairie du 5ème arrondissement de Paris, l’exposition va tourner. Elle sera à la Mairie du 7è à Paris à partir du 27 février, à l’Abbaye de Sylvanès en juillet et août 2014, à l’Enseignement catholique du 11 sept au 11 oct 2014 et à l’Institut saint Louis de Rome au mois de novembre 2014.

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Histoire de Judas, diocèse de Paris

Histoire de Judas
Rabah Ameur-Zaïmeche 2015.

Axiome numéro 1 : Judas est le gentil ; c’est lui, bien sûr, qui a souffert pour Jésus. Axiome numéro 2 : les évangiles racontent n’importe quoi : c’est normal, ils sont partisans. Il importe donc au réalisateur, muni de ses convictions et de sa grâce propres, de restituer la vérité et au passage d’expliquer la falsification.
Muni de ces deux axiomes, le film commence. Les premières images disent tout : c’est d’abord Judas qui porte Jésus (sur son dos) ; puis c’est Jésus qui porte un ânon (dans ses bras) ; puis Barabbas intervient, sous le nom de Carabas, simple d’esprit à l’étrange allure (de Carabosse ?) qui fait l’amusement des enfants… Les scènes de l’Évangile sont là, mais retournées, subverties, inversées.
Dès lors, les séquences se déroulent, non sans une certaine beauté esthétique, due à la fois à l’économie de moyens et à la sobriété de la mise en scène. Le clair-obscur rappelle parfois le Caravage, mais la référence qui domine formellement est le Pasolini de L’Évangile selon saint Matthieu : même type de jeu des acteurs, même recherche d’une transposition dans une humanité proche de la nôtre.
Sous une apparente simplicité, l’art de déconstruction du récit évangélique est manié avec une grande virtuosité. Il faudrait commenter scène par scène. Contentons-nous de quelques notations. D’abord le soin avec lequel, au-delà de quelques éléments de décor (ménorah, talit) toute référence aux croyances juives est systématiquement évitée : ni le mot “Pâque” ni les commandements [1] ne sont ainsi énoncés. Quant au Christ, il est réduit à un maître éthéré, dépassé par ses propres pouvoirs et trop préoccupé par une démarche de type gnostique pour échapper au sort que la générosité de Judas, prêt à donner sa vie pour lui (!), voudrait lui éviter.
Cette démarche « d’inversion » finit par se retourner contre elle-même, en aboutissant à une série de paradoxes insoutenables, à la fois sur la forme et sur le fond. Retenons-en deux. La scène de purification du Temple par exemple, une fois acceptée la convention qui ne prétend pas reconstituer la majesté de l’édifice historique, fait éclater la contradiction formelle entre le prétendu souci du détail matériel et la négation de la lettre des évangiles. Alors que déjà les Pères de l’Église remarquaient que le Christ, lorsqu’il renverse les tables des changeurs, prend soin de dire aux marchands de colombes de retirer eux-mêmes leurs cages pour ne pas les léser, nous assistons ici au bris systématique de ces cages par les disciples déchaînés, pour aboutir à un plan de l’amoncellement des débris, fort beau mais d’autant plus vide qu’il ne symbolise aucun contenu autre qu’idéologique (« libérons-nous de nos chaînes » !).
Sur le fond, alors que la réalisation se veut une ode à la fraternité et à la tolérance, les parti-pris et les exclusions sont sans appel. Le bon Judas mourra assassiné par un Juif qui, dans son “délire”, prétend noter par écrit les paroles du rabbi et dont il vient de brûler les manuscrits avec l’accord tacite de Jésus (« ce que tu as à faire, fais-le vite » !). Le dialogue avec Pilate met en exergue la contradiction entre le souci du vivre ensemble, porté par un gouverneur d’abord auréolé par une mosaïque mais rapidement entraîné par les exigences de l’impérialisme, et l’irresponsabilité narcissique de celui qui veut porter jusqu’au bout un message religieux en confondant la vérité avec ses dons de thaumaturge.
Au bout du compte, le critique ne peut éviter de se poser la question du public susceptible de se retrouver dans un tel amoncellement de parti-pris. Il nous semble recouvrir au moins deux catégories. D’abord ceux qui sont persuadés que les Juifs sont des fanatiques, les chrétiens des falsificateurs, l’Occident une force d’oppression et surtout que les seules paroles dignes d’être notées comme venant de Dieu sont celles qui seraient dictées par Dieu lui-même. Nous sommes loin, ici, d’un message qui déborderait les communautés particulières. Ensuite ceux qui ont le souci d’un espace public où tout propos religieux serait relativisé, ramené à l’expression risible de projections plus ou moins conscientes et toujours immatures. Là encore, “l’actualité” d’une telle position est évidente, mais suffit-elle à fonder une réflexion ?
De ce point de vue, la dernière image est d’une extraordinaire ambiguïté. En dehors même du fait qu’elle cite d’autres films consacrés au Christ, elle devrait satisfaire les chrétiens, puisque Jésus y marche près des eaux du Jourdain après son exécution. Mais si nous restons dans la logique du film, la Passion n’a pas été montrée et il est impossible de savoir si le tombeau a jamais accueilli le Christ. Dès lors, deux solutions possibles seulement : soit l’exécution a été un simulacre et les Romains ont acquis la tranquillité par ce subterfuge, soit, si ce qui a été raconté est fiable, il ne s’agit que d’une illusion. Dans les deux cas, le christianisme est un beau rêve et Jésus, au mieux, une référence “humaniste”. En ce sens, il est proprement stupéfiant que le film ait reçu le prix du jury œcuménique du festival de Berlin. S’il n’est pas interdit aux chrétiens de prier pour Judas, il est impossible de saluer en lui le vrai fidèle de Jésus-Christ : ce film en constitue paradoxalement, de par ses propres contradictions, une preuve supplémentaire.
Denis DUPONT-FAUVILLE
2 avril 2015
[1] Ce qui est d’autant plus stupéfiant que le film nous montre le dernier repas du Christ avec les disciples, repas pascal, ou encore la scène de la femme adultère, réduite ici à une séquence pleine de sensualité dont le sens, donné par la phrase du Christ « Va et ne pèche plus », est omis.

Star Wars, diocèse de Paris

Fans de Star Wars, réjouissez-vous

Le septième épisode de La guerre des étoiles (désormais intitulée Star Wars même en France) a été précédé d’un battage publicitaire sans équivalent, sortant sur plus de 1000 copies sur le seul territoire national. L’opus précédent datant d’il y a déjà une décennie, l’impatience était grande et les souhaits multiples. Las ! La montagne a accouché d’une souris.
Montagne, certes : des effets spéciaux impeccables, encore accentués, pour la première fois, par la 3D ; des vaisseaux, des déserts, des monstres et du feu, des lasers et des combats, des bouges et des animations comme s’il en pleuvait. Pourtant, la mise en scène la plus soignée pour un jeu vidéo ne suffit pas forcément à produire une seule image de cinéma. Le réveil de la force en fournit une illustration éclatante.
Au milieu du film, dans le quartier général des « gentils », un hologramme permet de simuler la bataille à venir. Le commentaire en est précieux. « Il y a trente ans, voici ce que vous deviez attaquer » : une énorme sphère métallique surgit, étoile artificielle de la mort dont la destruction constituait l’apogée de la première trilogie tournée ; « aujourd’hui, voici ce que vous devrez affronter » : la même sphère surgit, dix fois plus grande. Tout est ici résumé : nous allons assister au même spectacle que celui du premier épisode sorti il y a près de quarante ans, avec plus de moyens techniques mais sans une once d’inventivité. Même raid initial au désert isolant la vedette orpheline, même rencontre fortuite avec un compagnon d’aventure se voulant neutre au départ, même solidarité de plus en plus étroite avec le camp du bien et ses amusants robots, même binôme (en fait trinôme) à la tête de l’empire du mal, mêmes tripots un peu louches pour nouer des contacts interlopes, mêmes monstres pour s’en prendre au vaisseau lorsque l’action va rebondir, même assaut final se concluant par la même explosion de la méchante planète artificielle. L’absence totale d’imagination quant à la trame de l’histoire est accablante.
Tout n’est cependant pas identique : malgré la croissance exponentielle du budget, il y a eu de la perte en ligne. Perte du sens de l’épopée d’abord : les figures éternelles (même recyclées) du héros et de son compagnon embarqués pour une quête initiatique se sont muées en produits politiquement corrects (une héroïne à la fois sage et court vêtue associée à un Noir à la fois musculeux et gentil), au destin aussi prévisible et consensuel qu’aseptisé. Perte de l’apprentissage de la sagesse ensuite : là où les premiers devaient résister à la fascination du mal pour découvrir la force du bien, les seconds font toujours le bien… sauf quand c’est mal [1]. Perte du sens de la transgression et des tabous enfin : alors que dans la première trilogie la quête du Père se doublait du drame sacrilège du sacrifice du fils pour déboucher sur le don de soi, c’est désormais l’affolement devant les incartades du fils qui prélude au meurtre du père et à l’enfermement dans des phantasmes adolescents. Nous ne sommes plus au niveau du mythe fondateur, mais à celui des frustrations ordinaires.
Il ne s’agit pas seulement, pour autant, d’une faillite du scénario, inexistant à force de se vouloir trop habile. Les images elles-mêmes témoignent d’une certaine facilité bienveillante, saturée de stéréotypes qui sont autant de poncifs pour venir à la rescousse de spectateurs qui auraient réussi à se perdre. L’héroïne sort directement de Hunger Games, l’apprenti méchant de Harry Potter, le gentil Noir semble une réplique de Sydney Poitier et la dernière scène une parodie d’un épisode de Game of Thrones. Le ridicule en surgit parfois, comme lorsque, affrontant le malfaisant petit-fils de Dark Vador, un héros lui lance : « enlève donc ce masque, à toi il ne sert à rien »… et que son adversaire s’exécute, son masque n’étant qu’une inutile réplique de celui de son grand-père ! Alors que les premiers films, y compris avec leurs maladresses techniques, donnaient l’impression fascinante de constituer des archives du futur, nous nous retrouvons ici dans un spot publicitaire pour une Amérique de parcs d’attraction.

Denis DUPONT-FAUVILLE
1er janvier 2016
[1] Inversion significative : les bons devaient de plus en plus lutter contre le mal à mesure qu’ils avançaient dans le bien lors des premiers épisodes ; ici, le méchant est d’emblée tenté… par le bien ! Comme si le mal ne pouvait attirer, comme si la tentation n’était que l’autre nom d’un point d’étape.

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